La tendance du Low cost prend de plus en plus d'ampleur depuis quelques années. Il a pour principe de répercuter, sur le prix final au consommateur, la minoration des coûts inhérents à un produit ou service. Ainsi, une entreprise se basant sur ce concept, cherchera à proposer des prix attractifs en minimisant ses coûts fixes et ses coûts variables. Ses principales caractéristiques sont le "rejet" du superflu, la simplification maximale et des intermédiaires réduits. La démarche du low cost est dans une certaine mesure l'inverse de celle de la montée en gamme. (source Wikipédia).
Mais il faut replacer les choses dans leur contexte et surtout ne pas se voiler la face. Pour faire et vendre ces produits à bas prix, les salariés sont exploités, et la qualité est loin d’être au rendez-vous. Le low cost, ce sont aussi des asperges, qui viennent de Chine, des légumes, forcés aux engrais chimiques dans la région d’Agadir au Maroc, ou encore des vêtements qui après avoir été portés quelques fois n’intéressent même plus les récupérateurs.40% du textile est de tellement mauvaise facture, que l’on en peut plus le recycler.
Mais parlons davantage de ce qui nous préoccupe ici. Le low cost des services en général et sur Second life en particulier. La tendance est au regroupement. Les propriétaires d’estates sont de plus en plus à la tête de centaines de sims voir davantage. Les acquisitions massives d’espaces donnent lieu à des ristournes sur le prix d’achats, des sims supplémentaires (2 pour 5) et même si ce n’est pas officiellement reconnu, des remises sur les frais mensuels à ne pas en douter. Ces concentrations auront un coût pour le « consommateur ». Car la vente à perte est illusoire. Il y a forcément un effet de vase communicant. Si le prix de vente diminue, c’est que quelque chose a disparu ou a diminué.
Nous passerons sur la perte au niveau social. Même si nous le déplorons, Je suis persuadé que la plupart des Sliens ne se préoccupent pas le moins du monde des dizaines de salariés dont Linden Labs a dû se séparer. Le low cost est basé aussi sur les gains fait au détriment des salaires, des avantages sociaux. Mais je ne voudrais pas donner à cet article une vision politique, même si elle ne manquera pas de transparaitre sur le fond.
Il y a un aspect qui est systématiquement écarté devant l’attraction d’un prix plus avantageux.
C’est la liberté. On ne la regrette et parfois amèrement que lorsqu’on l’a perdu.
- La liberté de choix. Quand les prix seront fixés par une poignée de grosses sociétés qui tiendront un pourcentage suffisant du domaine pour imposer leurs tarifs.
- La liberté de paiement. Si demain ils leur venaient l’idée de s’associer avec un groupement comme Paypal ou Visa, et de n’accepter que ce genre de paiement
- La liberté dans les caractéristiques des terrains.
Offrir des terrains non conventionnels dans leur superficie, avec ou sans bonus prims. Des décors, des thèmes, le terraforming (reliefs du terrain).
Offrir des terrains non conventionnels dans leur superficie, avec ou sans bonus prims. Des décors, des thèmes, le terraforming (reliefs du terrain).
- La liberté d’implantation. – Quelle superficie, Combien de prims minimum devront prendre les créateurs pour vendre leurs produits. Combien de scripts seront autorisés pour ne pas perturber la sims, les clubs auront t ils encore la possibilité de s’implanter facilement ?
- Et un des aspects les plus importants de tout ça. Quels seront les rapports avec l’estate. Il y aura-t-il encore la possibilité de voir ses problèmes réglés dans un temps raisonnable par un simple message ? D’obtenir quelque m² ou quelques prims supplémentaire ou de moins suivant ses besoins ? Le prix de déplacement ou pour renommer un Sim seront-ils encore fixés par Linden. Actuellement pour un estate de plus de 20 sims il est de 100 USD pour l’un et 25 $ pour l’autre. Combien votre owner vous le fera-t-il payer ?
- Et je ne passerai que rapidement sur les heureux propriétaires de régions appelées « Grandfather ». Ces régions acheté avant 2009 et qui ne pèsent que 195 USD pour les fullsims et 95 USD pour les homestead. Elles devaient disparaitre en Janvier 2011. Il n’en est apparemment plus question. Mais elles sont assurément louées aux même prix que les autres.
Ce billet est aussi pour défendre les petits estate tellement décriés. Car tous les points évoqués ici demandent des personnes pour les gérer. Et ce sont encore des coûts qui à ne pas en douter ne seront plus supporter pour proposer ces prix si attractifs.
Oui la liberté a un coût. Qui ne s’est jamais plaint de ne pouvoir envoyer une notecard pour sa demande et prié qu’elle soit lue. Quel français n’a jamais pesté de n’avoir en face de lui qu’un interlocuteur anglophone. La culture, les événements, et tant d’initiatives non rentables auront-elle encore la possibilité d’exister ? Surtout avec la disparition des sims « non-profit » Faire vivre sa communauté demande un engagement sur la durée, et sans doutes une part de sacrifice financier. Pourtant le virage commercial prit par la société Linden Labs il y a plusieurs mois avait soulevé un vent de protestation. Il avait au moins l’avantage d’avancer à visage découvert. Ce qui arrive actuellement sur Secondlife n’est pas différent de ce que nous offre nos sociétés depuis des années. Une remise en cause de notre liberté de choix sous couvert de cadeaux. Le prix du low cost serait au final bien cher à payer. ….
